En septembre 1959, Citroën commercialise sa DS "commerciale". Ce sera une réussite totale, elle était à l'époque,  sans concurrence! De nombreux artisans l'ont adopté, la radio, télévision et autres institutions . . . Parmi les arguments commerciaux de Citroën pour sa "commerciale", si si, il fallait que je la fasse, je disais donc parmi . . . il y a un détail qui n'est pas passé inaperçu aux yeux de tous ces professionnels,  ce détail visible dès les premiers documents publicitaires . . .
Cet outil de travail possède 6 places assises (jusqu'à 1970) le week-end ! Idéal pour la famille ! De plus, dans les années 60/70, l'automobile est chère (TVA à 33% à l'époque), la DS break est très chère ! Imaginez que vous êtes artisan, il vous faut une voiture familiale, il vous faut un véhicule de chantier, ce véhicule de chantier peut être une voiture familiale, avec une TVA . . . récupérable ! Aucune hésitation, pour le prix d'une plus petite berline TVA comprise, vous pouvez bénéficier du meilleur véhicule du moment ! De nombreux artisans l'ont bien compris, d'où ce succès, à l'époque, pour la DS commerciale.
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Je vous présente Luc. Luc est un heureux petit garçon, posant fièrement en juillet 1966 devant la DS commerciale de son père. C'est une ID 19 F de décembre 1963. Elle était blanc carrare.
Citrowagon: "Bonjour Luc, quelle chance de vous voir devant cette DS commerciale ! Vous pouvez m'en dire plus ?"
Luc: "Bien sûr ! Mon père avait une entreprise de chauffage, sanitaires et climatisation.
Son premier break fut une 404 que mon père s’est empressé de céder, au bout d’un mois, à son frère (son associé). Donc, pour des raisons fiscales, il n'achetait que des DS "commerciale", très pratique le week-end pour la famille. Il les faisait toujours modifier pour les rapprocher de ses sœurs (la DS, pas mon père). Celle-ci avait une banquette avant sans tôle, des panneaux de porte avec accoudoir, une montre, le lave glace et la direction assistée. A propos d'accoudoirs, cela m’a valut un œil au beurre noir, ne tenant pas assis je me mettais debout sur les accoudoirs en me tenant au boudin du toit, ce qui agaçait mon père, et dans un virage dans la descente du col de Tende en direction de Menton j’ai volé latéralement, mon œil contre le support de banquette arrière !
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. . . Le deuxième, une commerciale 21 de septembre 1967, gris Kandahar, bufflon rouge, siège avant séparé, strapontins, accoudoirs, montre, lave glace, direction assistée, poche centrale.(bien pratique pour la radio de plage, une ITT Schaub Lorenz). . .
CW: Ceci m'amène à une réflexion ! Les DS vendues en septembre 67 étaient des modèles 68. Ici, visiblement, il s'agit bien d'un modèle 67, avec ses "anciens phares". Il y a de fortes chances pour que cette DS soit achetée neuve, sur stock. Sans doute un reliquat de commerciales invendues du millésime précédent. Je n'ose pas penser que votre père a pu en profiter pour obtenir une ristourne, quelle chance !
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 . . . Mes sœurs, moi et ma mère assis dans l’herbe,  Vosges 1967 . . .
 . . .Une de mes sœurs debout sur le longeron Menton Septembre 1967 . . .
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. . . Dans la neige Vosges 1968 . . .  . . . Assis sur le muret Menton 1970 . . .
. . . C'est avec cette DS que mon père a fait construire sa maison en avril 1971 . . .
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Et puis il y a eu le drame ! ! !


 . . . En juin 1971, nous habitions en ville, n’ayant pas de garage, mon père garait le véhicule sur le trottoir, une DS berline a percuté la DS break, puis un arbre et finit sa course dans un muret. (3 heures du matin). Le conducteur avait trop bu, il n’a été que légèrement blessé . . . 
 . . . Malgré les dégâts importants, la DS étaient encore en état de marche ! La photo sur 3 roues à été prise le lendemain par un de mes oncles à bord d’une "familiale" 19."
CW: "Luc, l'accident s'est produit en juin 71. Votre père a reçu une autre DS "commerciale" en juillet 1971. Est ce que cet accident a provoqué la commande de sa dernière DS "commerciale" ?
Luc: "Tout à fait . . .


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. . . c'était une commerciale 21 de juillet 1971, autant équipée que les autres.  Ces véhicules n’ avait pas de tare. Le pourquoi "faire compliqué" quand on peu faire simple était un but fiscal.
Elle était beige albatros avec un simili grené fauve.
Les strapontins étaient montés à posteriori. Concernant la barre de capot, les tubes utilisés en chauffage et sanitaire mesure entre 5 et 6,40 ml. Pour éviter le mouvement de balancier à l’avant du véhicule, lors du transport de tubes de petit diamètre sur la galerie, il suffisait de les relier à l’aide d’une cordelette à la barre, ce qui minimisait le mouvement. "
CW: C'est passionnant ! On veut en savoir plus plus, allez Luc, un effort !
Luc: "Ok, on continue . . .

Pour notre dernière DS commerciale, j'ai retrouvé une facture pour le rajout des strapontins dans le coffre.

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En avril 1975, mon père pris livraison de sa dernière DS break, une DS 23 break "confort". Hélas les DS "commerciale" n'étaient plus au catalogue. J'ai d'ailleurs toujours le bon de commande de cette voiture. Elle était "ivoire borely" avec un intérieur en "targa tabac".
 . . . un jour de communion . . .
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. . . Ma mère avec l’éléphant, Sigean Août 1975 . . . . . . Le break et la DSuper, Roquebrune Cap Martin Août 1976 . . .
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. . . Menton 1976. . . . . . Ma mère, mes 3 sœurs, ma grand-mère maternelle, Quimperlé Août 1977. . .
Pour terminer, voici quelques anecdotes:
Il y avait une certaine a rivalité , en Italie, avec les Alfa Romeo lorsque nous partions en vacances sur la côte d’Azur. La DS break avait des difficultés à doubler les Fiat 500 dans les col en Italie. La descente du col de Tende se faisait à "tombeau ouvert". Le double plancher était bien pratique pour dissimuler des bricoles à la frontière avec mes sœurs assises sur les strapontins !
En 1969, le départ pour les vacances se faisait à Colmar à 6h00 du matin, direction Menton. Pour des raisons professionnelles, mon père retourna à Colmar le jour même . . .à 21h00  ! ! ! !
Par la suite mon père a eu des CX et des XM, j’en possède 2 (2 litres 16 soupapes 1995 70000 km, dito 1998 120000km). Il aurait du y avoir une SM, malheureusement la 204 de ma mère étant HS, mon père a acheté une GS."
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Citrowagon: Merci Luc pour cette "tranche de vie" qui nous a tous fait rêver. Peut-être en particulier pour notre génération, qui avons connu ces mêmes émotions dans les années 60/70 ! Je parierais que nous avons le même âge . . .