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Après avoir été guidé par notre GPS dans la proche banlieue d'Amsterdam, nous pénétrons dans une zone artisanale avec de nombreux hangars. Le lieux du rendez-vous ne laisse aucun doute, une CX GTI turbo, accompagnée d'un break DS 23 et d'autres Citroën nous attendent. Nous frappons à une grosse porte de hangar, pas de réponse, nous entrons, et là, le choc !
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Nous étions attendu par Ton, Bram et Daniel, 3  hollandais, authentiques passionnés par citroën, dans leur "garage de rêve" ! Ils parlent parfaitement le français, et nous accueille par un apéro "picon/heineken" et saucisse traditionnelle. Le Doc et moi sommes aux anges ! La discussion s'anime, prend de l'ampleur, de la vitesse. Je suis le témoin privilégié d'un dialogue de très haute tenue, d'un très haut niveau de connaissances qui donnent du plaisir à écouter toutes les histoires liées à notre passion commune, Citroën et la DS en particulier. Ils ont l'intention d'ouvrir au public ce lieu dédié à la DS, cela s'appellera : "Le garage de la paix", en français dans le texte !
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Leur garage regorge de raretés, aussi extraordinaire les unes que les autres ! A l'image de cette DS 19 de 59, export USA, "bleu delphinium" à l'origine. Malheureusement elle a été transformé au cours de sa vie, avec notamment une boite de vitesses à commande mécanique. Toutes les pièces spécifiques de la boite hydrau des premiers millésimes ont disparus. Cela ne rebute pas nos restaurateurs qui n'ont pas hésité à se procurer une épave de DS 19 de 1959, tout le bloc avant sera regreffé sur l'américaine !
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Voici un break dont les soubassements ne sont plus qu'un souvenir, il s'agit de la 628ième ID 19 F construite, aux alentours d'octobre 1959. Elle aura droit à une restauration "dans les règles de l'art".
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Voici une rarissime ID 19 "tourisme" de 1964, fabriquée à Forest (Belgique). Tellement dépouillée, à l'image de notre ID 19 "normale", qu'elle ne se vendra qu'à très peu d'exemplaires ! Ce modèle est l'unique survivante à ce jour au monde ! Ça a papoté dûr autour de cette ID, notamment au sujet de la sellerie, est elle d'origine ? Personne n'a aujourd'hui la réponse . . . tant qu'un deuxième exemplaire ne sera pas retrouvé ! Vous pouvez trouver le catalogue de ce modèle sur cette page, le Docteur en parle aussi sur cette page.
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Et on passe à une autre DS, une autre DS, une autre, une autre, ça n'arrête pas, on en a plein les yeux, ces hollandais sont des gens vraiment extraordinaires ! (et ils sont grands !). Au détour d'une DS, si j'ose dire, on en vient à parler d'un break, fabriqué à Forest qui a des portes avec une découpe originale, jamais vu sur les autres DS ! Tiens tiens, mais ça me dit quelque-chose ! J'en connais une, que j'ai décrit ici. Je trouve ça incroyable, aussitôt, nos hôtes nous proposent d'aller voir ces fameuses portes, chez un ami. Tout le monde en voiture, et notre convoi de Citroën s'ébranle pendant 15 minutes dans la campagne hollandaise.
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.Nous arrivons dans une ancienne ferme, avec un petit camping privé, quelques œuvres d'art, un endroit extrêmement original. Lorsqu'ils ouvrent une des portes, c'est le choc ! Depuis des dizaines d'année, Daniel, qui est architecte, loue ce local et récupère tout ce qu'il peut sur toutes ses DS démontées. Un véritable capharnaüm, où se trouvent par dizaine des pièces très rares, des rangées de pneus neuf Michelin, d'origine. Un rêve !
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Ils nous montrent quelques DS à l'abri, à proximité. Mon regard est naturellement attiré par ce break, c'est une ID 19 F du millésime 61, portant le n° de coque 0022 004057. Contrairement à ce que la photo laisse supposer, son châssis est dans un état exceptionnel ! Le genre de base que l'on rêve tous de trouver pour une restauration à moindre frais. Vient la présentation de ces fameuses portes.
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Incroyable, ce sont les mêmes portes que celles de la belge rouge de 1965 ! Elles semblent blanc carrare, mais je n'en suis pas sûr ! Lorsque j'ai échangé des courriers avec le propriétaire du break rouge, il pensait à un travail artisanal, très bien fait. Nous avons maintenant la réponse, que c'est un travail industriel. Le panneau intérieur est d'une seule pièce, fait à la presse. Cela pose beaucoup de questions. Ces portes proviendraient d'un break, du millésime 65. Aujourd'hui, il n'y a qu'une seule certitude, elles ont été fabriquées à Forest.
 N'hésitez pas à m'écrire si vous avez d'autres infos.
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Nous terminons ainsi cette journée riche en souvenirs et en émotions ! Merci à tous ces hollandais si gentils, accueillants, et tellement passionnés par les Citroën anciennes (mais qu'est ce qu'ils sont grands !).
Merci à Yves, que j'ai appris à réellement connaitre durant ce week-end. Le courant passe définitivement entre nous deux, j'espère à l'avenir réaliser d'autres projets avec lui. Un remerciement particulier au téléphone portable d'Yves, qui a pris la relève de mon appareil photo pourri qui a décidé de me dire "game over" à la fin de la journée du samedi. Toutes les dernières photos de ce reportage sont du Docteur . . . . ah! Excusez moi, Henri, mon correspondant "Citrowagon  Irlande" me contacte. Il me dit de rectifier immédiatement mes propos au sujet des toits ouvrants de DS sous peine de grêve illimitée de sa part . . . . apparemment ceux présentés dans ces pages ne seraient que de pâles copie en provenance de Billancourt . . .
Henri m'envoie des photos de sa DS 21 IE pallas 70, une berline aménagée chez Chapron, une vraie ! On y trouve, entre autre, un véritable toit ouvrant souple !  Bon OK, je m'incline, je ne veux pas de mouvement social au sein de Citrowagon.