Pour aborder la suite des opérations, il est indispensable que je m'adopte une ligne de conduite. L'expérience étant une succession d'erreurs, il est impératif que je ne renouvelle plus celles du passé. Certes, je sais qu'il y en aura d'autres, personne n'est parfait, mais j'espère qu'elles seront de conséquences limitées.
                                                                 Cette restauration sera menée sous le signe de l’AUTHENTICITE.

En lisant le dictionnaire je m'aperçois que pour avoir de l'authenticité il faut avoir quelque chose d'authentique. Mon ID 21 FH 72 est elle authentique ? Pour le savoir, j’ai demandé des renseignements au conservatoire  Citroën. En envoyant quelques photos de votre Citroën, photocopie de votre carte grise, n° moteur et chassis, le conservatoire vous donne des informations personnalisées sur votre vhéhicule. J'ai reçu une réponse quelques semaines plus tard.

C’est bien beau d’avoir une DS authentique, encore faut il savoir quoi en faire pour sa restauration. Ma restauration doit elle être authentique ?. Le hasard veux que le mois dernier un article intéressant a été publié sur le site du Docteur Danche. Il s’agit d’un point de vue donné par un professionnel de la restauration sur la doctrine de la restauration appliquée à une DS.
En lisant cet article, je me demandais dans quelle catégorie je me placerais. Il est clair que si je restaure cette DS je vais perdre une part significative de l’authenticité de celle-ci. D’un autre coté il est écrit :
La patine du temps est à conserver, car elle témoigne de l’histoire humaine de l’auto: elle est conçue par et pour l’homme et c’est la trace de l’homme qui a le plus de valeur. L’IDS doit témoigner de l’intelligence des hommes d’une époque, de leur enthousiasme et fougue: sinon, c’est un "vulgaire tas de ferraille"!

Le problème c'est que pour ma DS, il y a peut-être un peu trop de patine, c'est hélas déjà un tas de ferraille!!!
Donc en résumé je dirai que ma DS est aujourd'hui authentique à 95% (l'huile moteur et l'air des pneus ne sont surement pas de 72)
Et bien ça me fait "une belle jambe!", parce que moi je veux rouler, et dans une belle DS! Je suis quand même d'accord avec les propos de ce restaurateur, aussi je vais m'efforcer d'être le plus anthentique possible.
                                                               Vu l'état de la voiture 4 solutions s'offrent à moi.
La première solution c’est de ne rien faire. 2 avantages : ça coûte pas cher et elle est authentique à 95%. Evidemment, c’est plus problématique pour rouler et  franchement elle n’est pas belle comme ça.
La deuxième solution c’est de faire comme de nombreux restaurateurs. Je désosse entièrement la voiture, et je refais TOUT à neuf : 1 avantage et 2 inconvénients.    L’avantage c’est que j’ai un break neuf et beau.
 Evidemment le premier inconvénient tombe sous le sens : c’est cher, TRES CHER !!!
 Le deuxième inconvénient me tiens plus à cœur, ou est l’authenticité au bout du compte ? Quand vous avez 50% des éléments qui ont été changés et 25 % qui sont  refaits. J’estime l’authenticité de la voiture à 10% Evidemment on peut trouver un rouleau de tôle de 1972 dans les réserves du conservatoire Citroën, des sièges  neufs d’époque trainant dans les sous-sol de l'usine d'Aulnay etc….mais ne rêvons pas.                                                                              

La troisième solution consiste à prendre ma 69 qui a un beau châssis comme base, et d’y insérer un maximum de pièces de la 72. 1 avantage et 3 inconvénients. L’avantage est bien sur de gagner du temps et de l’argent pour refaire la coque et certains éléments de la carrosserie. Mais, car il y a toujours un « mais » :
PRIMO : c’est une coque de 69 à transformer en 72. Par exemple il faut changer les montants de porte car la 69 a des poignées « bouton » et la 72 a des poignées « palette », ce n’est pas le même tableau de bord, sans parler du n° de série gravé sur la coque, etc…
 DEUXIO : je détruis irrémédiablement un break 69 USA, c’est irréversible, or j’aime cette notion de réversibilité sur les modifications apportées lors d’une restauration. Cependant je considère la coque de la 72 comme ayant vécu, une minute de silence pour elle......
TERTIO : et c’est là le plus important, où est l’authenticité ? je considère l’authenticité à 25%! c'est bien maigre!


La dernière solution consiste à prendre le châssis de la 75 comme base, et d’y insérer aussi le maximum de pièces de la 72. Là il y a 2 avantages et 2 inconvénients. Pour les 2 avantages, vous vous doutez que l’état du châssis de la 75 est bien meilleur que celui de la 72, et en plus il n’y a pas de modifications de coque à faire car les poignées de porte ainsi que le tableau de bord correspondent. En revanche, pour les inconvénients, on retombe dans les mêmes travers.
PRIMO : je détruis un des derniers breaks construit par Citroën (27/08/75). Je n’aurai plus de DS break pour rouler tous les jours. Certes, il y a bien la 69 pour rouler tous les jours, mais en réalité elle est en très mauvais état mécanique.   DEUXIO : pour l’authenticité, on repassera aussi ! Un châssis de break 75 pour une 72, là j’estime quand même l’authenticité à 30% (moins de modifs).                                                               


ALORS QUE FAIRE?
Cher lecteur, permets moi de t’appeler ainsi, je vais te dire quelque chose d’important, j’ai le regret de te dire que ma DS restaurée ne sera pas authentique ! (ça y est les larmes ont salopés le clavier de mon ordinateur !) Plus sérieusement, je restaure un objet diffusé à quelques dizaines de milliers d’exemplaires, ce n’est pas une Bugatti royale ! Je savais qu’en achetant cette épave, il y avait le châssis à changer.

Pour l'instant je réfléchis, l'idéal serait de trouver une coque de DS break USA du millésime 72 . . . c'est pas gagné !